5 défis à relever pour créer votre micro-entreprise en France

Travailler pour soi, être son propre patron … Le rêve ? En 2021, vous êtes quelques 640 000 à vous être lancés sous le régime de la micro-entreprise (ex auto-entrepreneur)1. Mais si ce régime permet de cumuler avec un emploi salarié pour assouvir sa passion et/ou arrondir ses fins de mois, être seul à la barre implique de relever bien des défis.

Micro-entreprise ou auto-entrepreneur : quelles sont les différences ?

Créé en 2008, le régime de l’autoentrepreneur (devenu micro-entrepreneur en 2014) allège les formalités de création d’entreprise en simplifiant le mode de calcul et de paiement des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Son succès est immédiat avec, dès 2009, près de 190 000 auto-entrepreneurs actifs et plus du double fin 20102. Tremplin vers la vie d’entrepreneur sous un régime classique ou parenthèse entre deux emplois salariés, le succès de ce statut cache cependant des situations bien diverses et un faible taux de survie. En effet, en 2017, seules 36 % des micro-entreprises créées en 2014 étaient encore actives.3

Vous souhaitez vous lancer ? Suivez nos 5 conseils pour relever les défis de la micro-entreprise.

1) Gérer l’administratif : démarches pour les auto-entrepreneurs

Comme tout chef d’entreprise, vous gérez la protection de vos employés, c’est-à-dire vous-même !

Nos conseils :

  • Créez votre statut d’auto-entrepreneur
    Pour cela, il vous suffit d’en faire la demande sur le site dédié aux autoentrepreneurs de l’Urssaf. Vous y créez votre compte, remplissez un formulaire et joignez votre pièce d’identité. Après étude de votre dossier, le centre des formalités des entreprises vous attribuera votre numéro SIRET sous 8 à 15 jours. C’est avec ce précieux sésame que vous pourrez commencer à émettre des factures.

En savoir plus sur les étapes de création d’entreprise

  • Vérifiez votre couverture santé, mutuelle, retraite, assurance…
    Rapprochez-vous de chaque organisme dont vous dépendez (Urssaf, CPAM, Cipav…) pour être sûr(e) que tout est en ordre et que vos cotisations couvrent bien vos droits.

Le saviez-vous ?
Depuis janvier 2020, les micro-entrepreneuses justifiant de 10 mois d’affiliation et d’un chiffre d’affaires supérieur à 4 046,40 € ont le droit à un congé maternité indemnisé et équivalent en durée aux salariées.

Côté mutuelle, même si pas elle n’est pas obligatoire, on ne saurait être trop prudent et vous recommander d’en souscrire une à titre individuel ou de vous affilier à celle de votre conjoint.

Idem côté assurances : renseignez-vous car certaines peuvent être obligatoires, comme l’assurance responsabilité civile décennale dans les métiers du bâtiment, par exemple.

2) Piloter ses finances : quel prix pour devenir auto-entrepreneur ?

La réforme de 2014 a remonté les plafonds d’éligibilité au statut de micro-entreprise. Pour rappel, ceux-ci sont de 176 200 € de chiffre d’affaires pour une activité commerciale, et de 72 500 € pour des prestations de services. Or, les micro-entrepreneurs ne déclaraient en 2017 que 5 640 € de chiffre d’affaires en moyenne. Il est donc crucial de piloter ses finances avec soin et d’anticiper les périodes difficiles afin de dégager un revenu suffisant.

Nos conseils :

  • Bénéficiez des aides disponibles
    Les bénéficiaires de l’allocation d’aide de retour à l’emploi (ARE) qui créent ou reprennent une entreprise peuvent bénéficier de l’aide à la reprise ou création d’entreprise (ARCE) et d’une exonération d’un an des cotisations personnelles (hors CSG-CRDS, contribution formation professionnelle et retraite complémentaire) pour des revenus inférieurs à 30 852 €.Par ailleurs, vous pouvez prétendre à l’obtention de micro-crédits auprès d’organismes agréés tels que l’ADIE qui offre également un accompagnement des micro-entrepreneurs à long-terme.
  • Tenez rigoureusement votre comptabilité
    Si le fait de déclarer vos revenus et de payer vos charges est très simple, vous devez impérativement tenir à jour votre comptabilité avec : les montants de vos factures et leurs dates d’envoi et de règlement, les dépenses déductibles si vous dépassez le plafond de 94 3000 € (vente de marchandises) ou de 36 500 € (prestation de services), et veillez à être assujettis à la TVA.

Astuce : des logiciels dédiés vous permettent d’émettre vos devis et factures et d’anticiper le calcul de vos charges en quelques clics.

  • Soyez plus fourmi que cigale
    Vous avez décroché de gros contrats ? Attention à vos dépenses ! Pour les indépendants, l’avenir est toujours incertain et il vaut mieux être prudent. C’est ce que nous montre la crise sanitaire : près de 45 % des micro-entrepreneurs interrogés début 2021 indiquaient avoir retrouvé moins de 20 % de leur activité d’avant la crise4

3) Savoir travailler seul

La première question à vous poser avant de vous lancer est « Suis-je capable de supporter la solitude ? » car l’Homme est un animal social et, au-delà de l’isolement, vous risquez de brouiller les frontières entre vies privée et professionnelle pour ne vivre sereinement ni l’une ni l’autre.

Nos conseils :

  • Aménagez votre poste de travail
    Si possible, choisissez un endroit au calme, et veillez à l’ergonomie de votre poste de travail : une bonne chaise de bureau, un ordinateur placé à la bonne hauteur, au niveau des yeux, et un éclairage correct sont indispensables pour éviter les douleurs posturales. Découvrez tous nos conseils pour améliorer sa posture en télétravail.

Astuce : des solutions de location de matériel de bureau abordables existent, idéales pour bénéficier d’un matériel adapté.

  • Maîtrisez votre emploi du temps
    Prévoyez chaque jour des temps de pause pour vous aérer, socialiser, et déconnecter. Sachez aussi évaluer votre temps de travail pour anticiper votre carnet de commandes. Attention à ne pas accepter toutes les demandes, par peur de perdre un client. Ceci risque d’être contre-productif si, étant trop débordé, vous cumulez les retards ou les erreurs. Mieux vaut dire non avec diplomatie et proposer un report raisonnable pour satisfaire vos clients.

4) Communiquer et réseauter

Pour vous démarquer, vous devez être visible, savoir vous vendre et nouer des relations. Car si environ 25 % du chiffre d’affaires d’une TPE viennent directement de son réseau, cette proportion peut atteindre 70 % pour les indépendants 5 !

Nos conseils :

  • Soignez votre présence en ligne
    Quel que soit le secteur d’activité, vous devez absolument être référencé sur internet. Au minimum, créez votre page sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook, Instagram en tête). Si votre activité est commerciale, pensez aux marketplaces pour vendre vos produits (Amazon, eBay, Cdiscount…). Idem si vous êtes prestataire de service : de nombreuses plateformes de mise en relation spécialisées existent (freelance.com ou travaux.com pour les artisans). Enfin, rien de plus « pro » qu’avoir votre propre site et vos cartes de visite à distribuer.
  • Rejoignez un club, une fédération ou une communauté
    Les clubs d’entrepreneurs sont présents sur tout le territoire français. Pour les micro-entrepreneurs, la FNAE (Fédération nationale des auto-entrepreneurs) ou l’UAE (Union des auto-entrepreneurs) proposent des accompagnements, des évènements, des formations, etc. Et pour vous, mesdames : pensez à réseauter au féminin ! Découvrez nos 5 conseils pour les entrepreneuses.

Astuce : Vous collaborez souvent avec d’autres indépendants ? Pensez au groupement d’intérêt économique (GIE) qui permet à plusieurs entités juridiques distinctes de se regrouper afin de développer leurs activités respectives. Utile pour mutualiser du matériel de production, des locaux ou des ressources humaines ou pour réaliser des achats groupés.

5) Continuez à vous former

Une fois son entreprise lancée, on a souvent tendance à se concentrer sur son activité et à délaisser toute forme d’apprentissage. Pourtant, cela reste essentiel lorsqu’on dirige une entreprise : que ce soit pour s’adapter à de nouvelles réglementations ou normes comptables et fiscales, perfectionner son anglais pour se lancer à l’international ou tester de nouveaux canaux de communication, il est primordial d’ajuster son offre aux tendances du marché pouvoir proposer des produits et/ou services adaptés, et ce, quel que soit le secteur.

Nos conseils :

  • Participer à des formations : en tant qu’auto-entrepreneur, vous pouvez bénéficier du financement total ou partiel de votre formation grâce au CPF (Compte Personnel de Formation). Pour une année complète, votre CPF est alimenté de 500 € par an, avec un plafond de 5 000 €.
  • Renseignez-vous sur les ateliers ou les évènements organisés dans votre ville ou votre région. Cela vous permettra de gagner de la visibilité, notamment si vous êtes artisan ou commerçant, et d’élargir votre réseau .

Maintenant c’est à vous de jouer ! Avec de l’audace, de la rigueur et de l’organisation, vous pouvez réaliser votre rêve d’indépendance et vous lancer.

Sources:
1 INSEE 2021
2 Étude INSEE Emploi et revenus des Indépendants. Edition 2020
3 INSEE 2019
4 Enquête de l’Observatoire de l’Auto-entrepreneuriat 2021
5 BPIfrance